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“0 objets
Le 4 janvier 1969 ouvrait dans un bureau sur la 52ème rue à New York une exposition organisée par Seth Siegelaub dont l’invitation était tout à fait particulière. Elle comportait le libellé suivant:
0 Objects / 0 Painters / 0 Sculptures / 4 Artists / 1 Robert Barry / 1 Douglas Huebler / 1 Joseph Kosuth / 1 Lawrence Weiner / 32 Works / 1 Exhibition / 2000 Catalogs / 44e.52st New York / 5-31 January 1969 / (212) 288-5031 Seth Siegelaub.
Cette exposition qui s’annonçait comme vide ainsi que l’indiquaient les premières mentions de l’invitation ne l’était pas tout à fait. Huit œuvres étaient présentées ainsi que l’a rapporté Seth Siegelaub lui-même dans le récit qu’il a donné de la préparation de cette très particulière exposition:
Je leur ai demandé comment ils voulaient montrer leur travail […]. Nous avons décidé de la composition du catalogue: quatre pages par personne, deux pages de photographie pour chacun, une page de texte et une page donnant la liste des travaux présentés. Deux travaux de chaque artiste étaient également présentés sur les murs. Mais, dans mon esprit, l’exposition existait absolument dans le catalogue.
Il avait par ailleurs précisé dans le communiqué de presse que l’exposition consistait dans les idées communiquées dans le catalogue et que la présence physique des œuvres n’était qu’un supplément au catalogue. Cela apparaissait avec évidence quand on comparait la liste des œuvres mentionnées (trente-deux numéros) et le nombre des œuvres présentes matériellement au 44 East de la 52e rue.
Les déclarations des artistes, qui ont été souvent reprises depuis, autorisaient à n’en pas douter Seth Siegelaub à qualifier la présence physique des œuvres  de fait négligeable dans l’exposition. Il convient de les rappeler, même si elles sont un peu longues, tant elles déterminent le développement ultérieur du travail des artistes et la formulation critique de leurs apports et innovations.
Douglas Huebler:
Le monde est plein d’objets plus ou moins intéressants; je ne souhaite pas en ajouter d’autres.
Je préfère simplement constater l’existence des choses en termes de temps et/ou de lieu.
Plus spécifiquement, mon travail est concerné par les choses dont les interrelations sont au-delà de l’expérience perceptive directe. 
Parce que l’œuvre est au-delà de l’expérience perceptive directe, la conscience de l’œuvre dépend du système de documentation. 
Cette documentation prend la forme de photographies, cartes, dessins et de langage descriptif.
Lawrence Weiner:
1. L’artiste peut réaliser la pièce.
2. La pièce peut être réalisée par quelqu’un d’autre.
3. La pièce ne doit pas nécessairement être réalisée.
Chacune de ces possibilités a la même valeur et correspond à chaque fois à l’intention de l’artiste. Il appartient à l’acquéreur éventuel de préciser les conditions de réalisation de l’œuvre.”

Quand l’œuvre a lieu, Jean-Marc Poinsot.
Chapitre Déni d’exposition.

0 objets


Le 4 janvier 1969 ouvrait dans un bureau sur la 52ème rue à New York une exposition organisée par Seth Siegelaub dont l’invitation était tout à fait particulière. Elle comportait le libellé suivant:
0 Objects / 0 Painters / 0 Sculptures / 4 Artists / 1 Robert Barry / 1 Douglas Huebler / 1 Joseph Kosuth / 1 Lawrence Weiner / 32 Works / 1 Exhibition / 2000 Catalogs / 44e.52st New York / 5-31 January 1969 / (212) 288-5031 Seth Siegelaub.
Cette exposition qui s’annonçait comme vide ainsi que l’indiquaient les premières mentions de l’invitation ne l’était pas tout à fait. Huit œuvres étaient présentées ainsi que l’a rapporté Seth Siegelaub lui-même dans le récit qu’il a donné de la préparation de cette très particulière exposition:
Je leur ai demandé comment ils voulaient montrer leur travail […]. Nous avons décidé de la composition du catalogue: quatre pages par personne, deux pages de photographie pour chacun, une page de texte et une page donnant la liste des travaux présentés. Deux travaux de chaque artiste étaient également présentés sur les murs. Mais, dans mon esprit, l’exposition existait absolument dans le catalogue.
Il avait par ailleurs précisé dans le communiqué de presse que l’exposition consistait dans les idées communiquées dans le catalogue et que la présence physique des œuvres n’était qu’un supplément au catalogue. Cela apparaissait avec évidence quand on comparait la liste des œuvres mentionnées (trente-deux numéros) et le nombre des œuvres présentes matériellement au 44 East de la 52e rue.
Les déclarations des artistes, qui ont été souvent reprises depuis, autorisaient à n’en pas douter Seth Siegelaub à qualifier la présence physique des œuvres  de fait négligeable dans l’exposition. Il convient de les rappeler, même si elles sont un peu longues, tant elles déterminent le développement ultérieur du travail des artistes et la formulation critique de leurs apports et innovations.
Douglas Huebler:
Le monde est plein d’objets plus ou moins intéressants; je ne souhaite pas en ajouter d’autres.
Je préfère simplement constater l’existence des choses en termes de temps et/ou de lieu.
Plus spécifiquement, mon travail est concerné par les choses dont les interrelations sont au-delà de l’expérience perceptive directe.
Parce que l’œuvre est au-delà de l’expérience perceptive directe, la conscience de l’œuvre dépend du système de documentation.
Cette documentation prend la forme de photographies, cartes, dessins et de langage descriptif.

Lawrence Weiner:
1. L’artiste peut réaliser la pièce.
2. La pièce peut être réalisée par quelqu’un d’autre.
3. La pièce ne doit pas nécessairement être réalisée.

Chacune de ces possibilités a la même valeur et correspond à chaque fois à l’intention de l’artiste. Il appartient à l’acquéreur éventuel de préciser les conditions de réalisation de l’œuvre.

Quand l’œuvre a lieu, Jean-Marc Poinsot.

Chapitre Déni d’exposition.

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#exchange program #jean-marc poinsot #seth siegelaub #joseph kosuth #lawrence weiner